Plongée

 Plongée

----------Salto arrière pour rentrer dans la roue à vers, qui faillit dans ce lapse de temps, jeter dehors (et peut-être même de vie à trépas) un esquimau et quelques grivoises scandinaves. Le chef d'orchestre bat le tempo de la saccade, la roue s'en ressent, de tremblements dans toute l'enclave. Dans cet espace règne un air mexicain avec ces grands-pères-sombréros et ces sièges cactés qui détruisent le dos, un vieux crachoir rumine à cause du cowboy qui ne vient pas l'inonder, il est là, dans le coin au fond à tirer des colibets plus vite que son ombre aux papys en position du lotus. Le temps s'endort avec ces ancêtres. "Destination Rakjavik atteinte" grommela une voix, "éjection imminente", merde trop tard, je mange déjà la poudreuse à pleins poumons, ni trop molle ni trop sèche, les mexicains c'est pire, les sombréros en kippas surgelées, ils devaient pas s'attendre à ça les bougres dans leurs rêves fiévreux du voyage, maintenant ils ressemblent à des bouteilles de tequila vides, on a dû les amputer des pieds et du cerveau qu'ils n'utilisent plus avec ce froid tranchant, au loin la route tourne et s'éloigne avec la voix qui maintenant, ricane de plaisir, enfin passons.

----------Un de ces vieux bars, où le bois craque et chante lorsque les glaçons glissent dans une caresse doucement, tout doucement, ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle "L'ice" ce vieux bar, à la lumière dont les diurnes ne s'accoutument jamais vraiment, bordel mon eau sera gelé avant d'être servi, mais tu peux rien dire avec cet ours blanc comme barman, plus gorille que barman, l'eau arrive enfin, il approche de sa démarche de stentor, les relents de vodka-ortie dans son sillage et me demande de payer avant le service:


<< - Comment ça je dois payer pour un verre d'eau?
- Si tu payes pas je vais te faire voir des aurores boréales étranger.
- Bon bon, je vous dois combien?
- Une clope. >>

J'avais oublié, ici les clopes c'est la seule chose qui leur manque.

<< - Tenez.
- Vous en fumez une? >>

Dehors, la nuit étouffe le vieux réverbère qui s'évertue, seul, à imprégner la neige de sa pâle blancheur nocturne. L'ours, campé sur ses pattes, sa clope entre deux griffes usées par le bar et les bouteilles à décapsuler, fume de toute sa hauteur, une fumée blanche, grise et même noire qui s'accroche dans son pelage d'ours acariâtre, mais prit d'une violente quinte de toux se courbe en avant et expulse une volute plus agressive que les autres, rouge du sang qu'elle réussit à lui arracher. Après avoir reprit son souffle il posa finalement la question qui le dérangeait:

<< - Vous voyagez seul?
- Toujours.
- A deux c'est mieux vous savez.
- Possible, mais voyager à deux implique une relation ou même de simples conversations.
- Tout le monde recherche ça.
- Tout le monde sauf moi alors. >>

Sur ces mots il entre, visiblement vexé par mes réponses, il a sa vodka c'est déjà ça. Maintenant à moi les rues et les chemins où les pavés d'antan ne sont visibles qu'à travers les congères et la glace translucide, et les nuits qui s'enlacent entre hier, aujourd'hui et demain, dans cette ville où le temps reste pulsatile au grès des gens.
Tu vois, ici, on a pas besoin de s'aimer pour être libre.


Megarius.


# Posté le mercredi 15 avril 2009 17:59

Modifié le dimanche 14 juin 2009 11:29


Au crépuscule du sourd, dans les immensités tartares. L'antique a parlé, les brutes se préparent et l'éther jaillit des fondrières barbares. la cohorte s'anime et jette à la lune, l'annihilisme passif d'une armée en branle. les cruels, rois des champs damnés sont présents pour les massacres qui durent dans le temps énervés.
Dans la sueur de la glace-nuit mes tréfonds cognent au rythme des tambours, les éphémères le savent, c'est bientôt le jour, même si, ce moment, n'est qu'un instant de brume au sommet des icecrows sanglants. J'ai mes défenses qui me protègent des autres, une forteresse montée par des monstres et ce rempart de calcaire qui couvre à votre oeil, cette gorge barrée de noir au milieu du rouge des profondeurs. Jusqu'au jour où les vagues à lames tracent des sillons de ciguë et détruisent la barrière, creusent les geysers en cratères. Mais le mur se refait plus épais encore pour rejeter ces maux vagues dans le vent plus longtemps.

# Posté le lundi 29 décembre 2008 19:51

Modifié le dimanche 18 janvier 2009 05:36



Tu vois c'est comme une ophthalmoi dans le brouillard. Cette entité de pierre, éperon du ressac, de cette immensité sans terre. Qui pleure par tous les temps de nuit une ciguë des mers.







Parti.

# Posté le mardi 16 décembre 2008 17:03

Modifié le mardi 06 janvier 2009 11:15


Regard au ciel, mer de nuit, nuit citadine, il est temps de partir, sans les cygnes pour sortir. Chacun rivalise pour assouvir son parfum, Ronsard s'adapte, le sonnet du soir, la fleur dans le vent. Le marchand assommé, somnole dans un tréfonds, son sac de roche caché, maintenant, sans crainte de temps, sous les lampadaires, les réverbères, en solitaire.
La course s'engage dans ce tempo effréné, mais tu me rattrape, te voici avec tes armes de soupir, Peur, il n'y a plus rien ici, suis-moi, ou pars d'ici la place est vide.
Allons voir les mausolées et les pierres moites, viens ma Dame accompagne les limbes, mais laisse moi geindre. Merde il se relève, le temps reprend ses droits, le sable plane sur le macadam.
Regard au ciel, te voici marée solaire.



Megarius.

# Posté le lundi 03 novembre 2008 20:20

Modifié le mercredi 17 décembre 2008 04:45